
En mai 2010, quatorze ans après la fondation du Groupe Sentinelle Santé, Mylène Chaumont accède à la présidence de l’entreprise familiale. Quelques mois plus tard, le prix de la « Relève d’entreprise de l’année » lui est décerné par la Chambre de commerce de Gatineau.
Le Groupe Sentinelle Santé évolue dans le secteur des services de santé privés : un milieu en pleine mouvance à l’heure actuelle.
« C’est un domaine innovant, où les lois sont appelées à changer. Pour ma part, j’ai le goût du risque, j’aime me mettre en danger et sortir de ma zone de confort » souligne la présidente.
Sa « zone de confort » Mylène Chaumont l’a passablement fait vaciller en 2010, lorsqu’elle a voulu développer le marché de Sentinelle Santé sur la rive ontarienne.
« J’ai tenté d’approcher les députés de la colline parlementaire pour leur proposer les services de notre clinique d’Ottawa. Ma démarche a plutôt suscité des questions sur la légalité de nos services en Ontario, car les lois ne sont pas encore tout à fait claires dans cette province. Les députés libéraux et du NPD se sont particulièrement acharné sur nous en soulevant notamment la question en Chambre», relate-t-elle. Il faut toutefois noter que tout s’est conclu positivement en décembre 2010 et que la clinique Sentinelle opère dans les limites des réglementations et lois de l’Ontario.
Passage du flambeau
Le père de Mme Chaumont, Marcelin Chaumont, inaugurait en 1996 une première clinique du Groupe Sentinelle Santé dans le secteur Hull à Gatineau. Deux ans plus tard, une seconde clinique voyait le jour à Ottawa.
Le Groupe offre aux entreprises des services en santé au travail, qu’il s’agisse de services de médecine préventive ou encore de planification face à une pandémie. En 2005, Sentinelle Santé devenait la première entreprise de la région de la Capitale nationale à proposer des services de santé privés à l’ensemble de la population.
Avant de prendre les commandes de l’entreprise familiale, Mylène Chaumont a dû faire l’acquisition de 51 % des parts détenus par ses parents. Pour obtenir les fonds, elle a été mise en lien avec la Fondation Canadienne des Jeunes Entrepreneurs par l’entremise de Développement Économique - CLD Gatineau. Le fonds Jeunes de DE – CLDG a également été une précieuse ressource.
Aujourd’hui, la femme d’affaires emploie une quinzaine de personnes et elle évalue la possibilité d’ouvrir des franchises un peu partout au pays. Une première licence pourrait d’ailleurs être accordée dans la région de Toronto.
Un parcours exubérant!
La présidence, Mylène Chaumont ne l’a pas obtenue sur un plateau d’argent. Bien au contraire! Elle a dû persuader son père de son désir profond de travailler au sein de l’entreprise familiale et surtout, du sérieux de sa démarche. À un certain moment, elle a proposé ses services de représentation à titre bénévole. Au bout de cinq mois, Marcelin Chaumont est convaincu. En 2006, il offre à sa fille un poste… rémunéré, à titre de directrice et représentante.
Dix ans plus tôt, au moment même où l’entreprise était fondée, Mylène Chaumont débutait ses études en droit à Ottawa. Dès lors, elle cherchait à obtenir un rôle chez Sentinelle Santé. Mais plutôt que de l’employer, son père l’a incitée à aller faire ses classes ailleurs.
D’un emploi en développement international au Costa Rica, elle passe à une entreprise de consultation internationale. Elle poursuit ensuite son chemin auprès de l’organisme communautaire Option Femmes Emploi et complète, en parallèle, une maîtrise en gestion de projets à l’UQO. À l’époque, elle n’a encore que 26 ans!
De fil en aiguille, elle siège au conseil d’administration d’une caisse populaire, du Cégep de l’Outaouais et de l’hôpital Pierre-Janet en plus de mettre sur pied un centre de la petite enfance à l’Ange-Gardien, municipalité où soit dit en passant, elle est élue par acclamation à titre de conseillère municipale.
Comme si ce n’était pas suffisant, une consultante chez Option Femmes Emploi lui fait remarquer qu’elle n’a toujours pas développé d’habiletés en ventes. Mylène Chaumont insiste alors pour obtenir un poste en développement des affaires au Service de formation en entreprise de la Cité collégiale. « J’ai été embauchée, car, selon le directeur, j’ai réussi à faire bonne impression, malgré le fait que je n’avais pas la moindre connaissance en matière de ventes. À mon embauche, le département de formation sur mesure affichait un déficit de 300 000 $. Un an plus tard, nos profits étaient de l’ordre de 18 000 $. »
Ce parcours exubérant lui a permis de toucher à tout, de la vente à la gestion, en passant par les ressources humaines. Mylène Chaumont veut désormais faire croître son entreprise. Et comme elle se plait à le dire : « The sky's the limit! »
Infos pratiques
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Pourquoi avoir choisi de démarrer une entreprise?
Mon père travaillait pour une agence de santé à Rouyn, mais il a toujours voulu être en affaires. À un certain moment dans sa carrière, il a dû quitter ses fonctions. C’était le moment propice pour démarrer son entreprise, d’autant plus qu’il était convaincu de l’immense potentiel des services de santé privés, tant pour les entreprises que pour la population générale. En ce qui me concerne, j’étais tout aussi persuadée qu’il y avait de l’avenir dans ce secteur d’activités. Dès le départ, j’ai toujours su que je voulais participer à l’entreprise familiale et relever les défis qui se présentent à nous.
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Pourquoi Gatineau?
Comparativement à d’autres régions du Québec, l’économie tend à être plus stable à Gatineau en raison de la forte présence des institutions du gouvernement fédéral. Gatineau se trouve par ailleurs dans un bassin d’un million d’habitants, ce qui est loin d’être négligeable.
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Selon vous, qu’est-ce qui avantage Gatineau par rapport à Ottawa?
En ce qui concerne les services de santé privés, les lois sont beaucoup plus claires au Québec qu’en Ontario.
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Quels sont les avantages d’être à son compte?
Lorsqu’on est à son compte, c’est réellement un défi qu’on se lance à soi-même. C’est aussi une façon de se réaliser au plan professionnel. Le fait de se trouver au niveau décisionnel est aussi très stimulant.
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Qu’est-ce qui vous a le plus surpris du monde des affaires?
Il s’agit réellement d’un monde d’hommes. On compte encore très peu de femmes d’affaires dans la région et les difficultés de la conciliation travail-famille expliquent probablement la situation, du moins, en partie. Sur le plan personnel, j’ai quitté temporairement mes fonctions de directrice et représentante en 2008, après la naissance de mon deuxième fils. À mon retour, au bout de neuf mois, j’ai dû repartir la roue, ce qui a été particulièrement laborieux. C’est tout un aspect négatif pour une femme.
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Quels sont les éléments qui font en sorte que vous connaissez du succès en affaires?
La clé de mon succès, c’est que je suis bien entourée. Ainsi, puisque je n’ai jamais été très douée pour les ressources humaines, je suis épaulée par une consultante. Je suis aussi membre du Centre des jeunes dirigeants (CJD) de Gatineau : un merveilleux milieu d’échanges entre jeunes entrepreneurs. Nous tenons des rencontres sur une base régulière, ce qui permet à chacun d’entre nous de faire part de nos difficultés au groupe. Dans un tour de table, chaque membre propose une solution, ce qui suscite des discussions fort intéressantes. La plupart du temps, on quitte la rencontre avec de bonnes pistes de solutions.
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Quelles ont été les plus grandes difficultés rencontrées et comment les avez-vous surmontées?
En 2006, nous avons perdu notre plus important client à Ottawa, ce qui a passablement ébranlé l’entreprise. Il faut dire que ce client représentait 80% de notre chiffre d’affaires. Mais cette épreuve nous a forcés à nous diversifier.
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Qu’est-ce que ça prend pour réussir en affaires aujourd’hui?
Il faut être convaincu de son projet et surtout être passionné, car les moments de découragement sont nombreux.
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Quel conseil donneriez-vous aux gens qui songent à démarrer leur entreprise?
En affaires,Il faut savoir s’entourer de gens qui nous complètent dans nos lacunes.
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Quelle a été la contribution de Développement économique – CLD Gatineau?
Pour financer l’achat des actions de mon entreprise, Développement économique – CLD Gatineau m’a octroyé du financement en plus de m’orienter vers la Fondation Canadienne des Jeunes Entrepreneurs.
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