George Emond

La Laiterie de l’Outaouais figure parmi les entreprises vedettes de la région. Les médias se sont délectés de l’histoire d’une communauté qui se retrousse les manches pour mettre sur pied cette entreprise, après la fermeture de la laiterie Château à Buckingham. Rares sont ceux cependant qui connaissent l’histoire de l’instigateur du projet.

Georges Émond a été, en majeure partie, le maître d’œuvre de cette entreprise laitière dont l’usine a été mise en marche en juillet 2010. Grâce à son ingéniosité, la première laiterie à être construite au Québec en 80 ans a vu le jour sur le territoire gatinois. La Laiterie de l’Outaouais emploie aujourd’hui 14 personnes et après seulement six mois d’opération, elle a atteint les objectifs prévus pour la troisième année d’exercice.

Pour Georges Émond, tout s’est rapidement mis en place en 2006, peu après l’annonce de la fermeture de la laiterie Château. « Développement économique – CLD Gatineau (DE – CLDG) m’a mis en lien avec des travailleurs de la laiterie qui étaient sur le point de perdre leur emploi. Mon associé Gérald Brisebois et moi avons immédiatement compris que le potentiel d’une laiterie en Outaouais était énorme », raconte-t-il. Il ajoute que « le projet n’aurait pu se réaliser sans le support inconditionnel de la Coopérative de développement régional Outaouais-Laurentides et la mobilisation citoyenne. Cette mobilisation a permis la création de la Coopérative des consommateurs de la Laiterie de l’Outaouais, véritable moteur économique, qui nous offre un support inestimable. »

La Coopérative de développement régional Outaouais-Laurentides et son directeur général, monsieur Patrick Duguay, ont été au cœur de la relance. « Monsieur Duguay a mis sur pied et coordonné le comité de relance et, à certains moments, l’ensemble de son équipe travaillait aux différents aspects du projet. »

La Laiterie de l’Outaouais n’aurait jamais vu le jour sans une mobilisation citoyenne sans précédent dans la région. L’appui des gens a été massif, notamment en ce qui a trait à leur participation lors de la création de la Coopérative de consommateurs, qui est devenue un des actionnaires de la laiterie. « Elle est une partie essentielle de notre succès; sans l’appui et l’engouement des consommateurs de l’Outaouais pour nos produits, la Laiterie n’aurait pas eu le lancement fulgurant qu’elle a connu », ajoute M. Émond.
 

Le flair de Georges Émond ne tient pas du hasard. Son parcours professionnel l’a longuement préparé pour cette aventure.

Ascension rapide dans le secteur de l’alimentation

Originaire de Maniwaki en Outaouais, Georges Émond quitte la région pour poursuivre des études en transformation alimentaire à l’Institut de technologies agroalimentaires de Saint-Hyacinthe. Diplôme en main, il obtient son premier emploi chez Salade Express, une entreprise de transformation de salades et de légumes de Saint-Rémi.

Très vite, la direction est impressionnée par son habileté à accroître l’efficacité des chaines de production et par sa façon de motiver les équipes. Au bout de six mois, le poste de directeur de l’assurance qualité lui est offert : il n’a encore que 22 ans.

Trois ans plus tard, il accepte le poste de gérant de production dans une laiterie des Hautes-Laurentides. À peine quelques mois s’écoulent et on lui propose la direction générale de l’entreprise. Cette laiterie connaît toutefois des difficultés financières. Chaque mois, les pertes s’élèvent à près de 20 000 $. M. Émond voit rapidement à l’amélioration de la ligne de production, au redressement de la qualité du produit, ainsi qu’à une réduction des coûts de production. En un an à peine, les gains de l’entreprise s’établissent à 25 000 $ mensuellement.

Le laitier de Maniwaki

Plus tard, M. Émond quitte cette laiterie pour acquérir un réseau de distribution de lait dans son patelin de Maniwaki. « J’ai été laitier pendant 12 ans. Mais pendant tout ce temps, je continuais d’analyser les activités des laiteries du Québec. J’étais activement à la recherche d’une occasion d’affaires », explique-t-il. C’est alors que survient la fermeture de la Laiterie Château en 2006.

Georges Émond tire profit du vaste réseau de contacts de DE – CLDG pour former un comité de relance de la laiterie. Il avait cependant compris que les têtes d’affiche de ce comité devaient être des gens de confiance, bien connus dans la communauté. L’homme d’affaires Antoine Normand et le conseiller municipal de Gatineau, Maxime Pednaud-Jobin, ont tous deux hérité du rôle. Naturellement, M. Émond a conservé la majorité des actions de l’entreprise, car si le projet prenait forme, c’était bien grâce à son expertise.

La somme de 200 000 $ est amassée grâce à la création de deux coopératives, l’une regroupant les travailleurs et l’autre, des consommateurs. Les fonds recueillis permettent enfin de démarrer le projet.

 « Tous les points faibles que je connaissais des laiteries, j’ai fait en sorte de les éliminer, et j’ai conservé ce qu’il y avait de mieux en termes de systèmes et de pratiques dans l’industrie : les matériaux, la ventilation, la circulation du personnel, les égouts… tout a été passé au peigne fin », fait valoir Georges Émond.

Ces jours-ci, les produits de la laiterie se retrouvent chez de nombreux détaillants de la région. L’homme d’affaires est particulièrement fier de son lait au chocolat, qu’il a mis de longs mois à perfectionner. Il en va de même pour la crème 35 %. Georges Émond vise désormais à développer des produits exclusifs à la Laiterie de l’Outaouais. « Les gens de la région sont fiers de cette entreprise locale », fait-il valoir. « Je veux faire en sorte qu’ils le demeurent encore longtemps! »

Infos pratiques

Questions - réponses

  • Pourquoi avez-vous choisi de démarrer votre entreprise?

    Lorsque l’occasion s’est présentée, je ne pouvais pas me permettre de la laisser passer parce que je savais que le projet serait rentable.

  • Pourquoi Gatineau?

    J’ai choisi Gatineau parce que le bassin de population est énorme et que le taux de croissance est parmi les plus élevés au Québec. Il s’agissait de facteurs importants pour mon projet d’entreprise puisqu’une laiterie a besoin de volume pour fonctionner.

  • Selon vous, qu’est-ce qui avantage Gatineau par rapport à Ottawa?

    Dans le cas de mon projet d’entreprise, la laiterie Château a été en opération pendant plusieurs années dans la région, et elle a été fermée sans raison valable. Le potentiel de réussite pour une nouvelle laiterie à Gatineau était très élevé alors que le contexte était fort différent à Ottawa.

  • Quels sont les avantages d’être à son compte?

    Les avantages d’être en affaires sont énormes en termes de motivation et de réalisation de soi. Il est extrêmement stimulant de mener des projets à terme.

  • Qu’est-ce qui vous a le plus surpris du monde des affaires?

    J’ai été surpris par l’énorme quantité d’énergie et de détermination qu’il faut pour concrétiser un projet d’affaires.

  • Quels sont les éléments qui font en sorte que vous connaissez du succès en affaires?

    Mon habileté à composer avec les gens de façon générale et à demeurer humain en tout temps sont des facteurs clés à mon avis. Il faut savoir travailler avec les gens et s’adapter aux différentes situations qui se présentent à nous.

  • Quelles ont été les plus grandes difficultés rencontrées et comment les avez-vous surmontées?

    L’un de nos plus grands défis lors du démarrage a été d’assurer la qualité de nos produits. Pour y arriver, nous sommes allés chercher toutes les accréditations nécessaires. Nous sommes d’ailleurs sur le point d’obtenir une certification HACCP (Hazard Analysis and Critical Control Point). Il s’agit d’une accréditation internationale qui indique que l’entreprise a mis en place des méthodes de travail qui assurent un haut niveau de gestion des risques dans la transformation alimentaire.

  • Qu’est-ce que ça prend pour réussir en affaires aujourd’hui?

    Il faut énormément de ténacité pour réussir en affaires, et il ne faut surtout pas se laisser ensevelir par les idées noires. En affaires, il faut demeurer positif, tout en sachant que les éléments négatifs servent à aiguiser notre vigilance!

  • Quel conseil donneriez-vous aux gens qui songent à démarrer leur entreprise?

    Il faut au préalable s’assurer que le potentiel de réussite du projet est réel. Il faut que ce soit rentable et qu’on puisse atteindre ses propres objectifs.

  • Quelle a été la contribution de Développement économique – CLD Gatineau?

    DE – CLDG et la SOLIDE de Gatineau ont été nos bailleurs de fonds lors du démarrage. Ils nous ont accordé un prêt de 150 000 $.

 

Cliquez ici pour voir toutes les histoires

  • Plus d'infos? Contactez-nous : 819-595-8002
  • « DE – CLDG offre des services aux entrepreneurs qui ont un projet d'affaires. Pour de plus amples renseignements, composez le 819 595-8002 ou sans frais le 1 866 595-8002. Nos services sont gratuits et confidentiels »