Charles Jarawan

Comme la plupart des membres de sa famille, Charles Jarawan est un passionné du café. On pourrait même dire que son penchant pour le Java, le Moka ou encore le Blue Mountain est héréditaire. Il remonte en effet à plusieurs années, chez sa grand-mère paternelle au Liban.

Alors qu’il était tout jeune au Liban, le père de Charles, Frank Jarawan, était chargé de torréfier le café à l’aide d’outils maison, de le préparer et ensuite de le servir aux invités de sa mère. Il a pris goût au rituel et avec le temps, il a développé une certaine expertise en la matière. Il a plus tard transmis sa passion à ses fils, Charles et Jad.

Plusieurs années plus tard, Frank Jarawan met sur pied Les brûleries Aladdin à Gatineau. Ses fils assument la relève lorsqu’il prend sa retraite. Les frères Jarawan opèrent aujourd’hui deux cafés à Gatineau, l’un sur la rue Saint-Joseph dans le secteur Hull, l’autre sur le boulevard Gréber dans le secteur Gatineau. Jad est responsable des ventes, de l’entretien et de la réparation des appareils. Charles est pour sa part maître torréfacteur et il est responsable des finances et des ventes.

« J’ai complété des études en techniques administratives au collège Héritage, mais c’est réellement mon père qui m’a tout appris, qu’il s’agisse de l’art de la torréfaction ou encore des techniques de vente et de négociation», souligne Charles Jarawan.

L’odeur du café

Frank Jarawan a immigré au Canada en 1969. Au bout de quelques années, il ouvre un café sur la Promenade du Portage dans le secteur Hull. Fin connaisseur, il recherche la qualité à tout prix. Comme il n’est pas entièrement satisfait de l’offre de son fournisseur, il apprend  à torréfier le café de façon professionnelle.

L’entreprise est d’abord installée dans un entrepôt du parc industriel de Gatineau. L’odeur du café fraichement torréfié attire les gens du secteur qui ne demandent qu’à s’en procurer. L’homme d’affaires n’était cependant pas équipé pour la vente aux particuliers. En 1994, il corrige la situation. Il fait aménager un petit comptoir à café à l’intérieur même de l’entrepôt, au grand plaisir des nouveaux clients.

«J’ai commencé à travailler avec mon père à l’âge de 10 ans. Je me souviens d’avoir fait la distribution de feuillets publicitaires sur la rue Jean-Proulx et le boulevard Mont-Bleu pour annoncer nos services. Il y avait tellement de clients qu’à certains moments, nous étions réellement à l’étroit. Nous avons donc été forcés de procéder à un agrandissement. »

Frank Jarawan injecte quelques centaines de milliers de dollars dans l’acquisition d’un entrepôt, toujours dans le parc industriel. L’expansion permet non seulement de servir le café à un plus grand nombre de clients, mais aussi d’introduire une épicerie fine. Ces activités s’ajoutaient aux opérations de distribution en gros pour le secteur commercial.

En 2004, Frank Jarawan prend sa retraite et ses fils acceptent d’assurer la relève de l’entreprise. Cependant, ils ne conservent que la division de détail. Les activités de distribution sont donc vendues à une entreprise d’Ottawa. « La distribution au secteur commercial demande beaucoup trop d’énergie », explique Charles Jarawan. « Mon frère et moi l’avons constaté avec mon père, qui courait constamment et qui a sacrifié sa qualité de vie. Voilà pourquoi nous avons refusé de reprendre cette division. »

La même année, les deux frères quittent le parc industriel pour installer leur comptoir à café sur la rue Saint-Joseph. Trois ans plus tard, ils ouvrent un second café sur le boulevard Gréber.

En plein essor, l’entreprise a pu compter sur quelques partenaires au fil des années. Notamment Emploi Québec qui l’a appuyée lors de la recherche de personnel. La Banque de développement du Canada a pour sa part offert le financement pour l’achat de l’immeuble de la brûlerie de la rue St-Joseph.

À court terme, Les brûleries Aladdin visent à être les premières brûleries de la région à n’offrir que des cafés biologiques et équitables. L’entreprise travaille aussi sur un projet de franchises. Une première succursale pourrait d’ailleurs ouvrir ses portes à Ottawa d’ici 2012. « Toute la torréfaction sera réalisée à la brûlerie du secteur Hull afin de conserver la même qualité de produit », précise M. Jarawan.

Éventuellement, d’autres régions seront ciblées. Les entrepreneurs ont déjà été approchés par des gens d’affaires de Québec, de Ste-Foy, de Montréal et de Laval.

Infos pratiques

Questions - réponses

  • Pourquoi avez-vous choisi de démarrer votre entreprise?

    J’ai grandi avec cette entreprise et comme mon père m’a transmis sa passion, c’était un choix pratiquement incontournable.

  • Pourquoi Gatineau?

    Le Liban est une colonie française. Lorsque mon père a voulu démarrer son entreprise, il a choisi Gatineau plutôt qu’Ottawa, tout simplement parce qu’il avait plus d’affinités avec la population francophone. Par ailleurs, Gatineau est un endroit sûr pour une entreprise comme la nôtre, en raison de la stabilité de l’économie, qui est protégée par les nombreux emplois fédéraux dans la région.

  • Selon vous, qu’est-ce qui avantage Gatineau par rapport à Ottawa?

    Les locaux sont beaucoup plus abordables sur la rive québécoise.

  • Quels sont les avantages d’être à son compte?

    L’absence de routine et la possibilité de travailler dans un secteur d’activités qui nous passionne.

  • Qu’est-ce qui vous a le plus surpris du monde des affaires?

    Je suis étonné de voir à quel point on peut en tirer un sentiment de fierté. Plusieurs clients nous font part de leur satisfaction, en ce qui concerne nos services, nos produits ou encore nos installations. Nous tirons énormément de satisfaction de ces commentaires positifs.

  • Quels sont les éléments qui font en sorte que vous connaissez du succès en affaires?

    C’est surtout grâce aux enseignements de mon père. Il a su nous transmettre d’excellentes méthodes de travail.

  • Quelles ont été les plus grandes difficultés rencontrées et comment les avez-vous surmontées?

    L’obtention du financement pour l’acquisition d’immeubles et d’équipements s’est avérée complexe au début. Il nous a fallu vendre le projet et réussir à convaincre les institutions bancaires.

  • Qu’est-ce que ça prend pour réussir en affaires aujourd’hui?

    Il faut toujours devancer la concurrence et surtout, il faut bien connaître son marché. Il est important d’analyser son marché sur une base régulière. Mon père m’a servi de coach professionnel et cela m’a été extrêmement bénéfique.

  • Quel conseil donneriez-vous aux gens qui songent à démarrer leur entreprise?

    Il faut beaucoup de patience car en principe, une entreprise met au moins deux ans à atteindre l’équilibre budgétaire.

 

Cliquez ici pour voir toutes les histoires

  • Plus d'infos? Contactez-nous : 819-595-8002
  • « DE – CLDG offre des services aux entrepreneurs qui ont un projet d'affaires. Pour de plus amples renseignements, composez le 819 595-8002 ou sans frais le 1 866 595-8002. Nos services sont gratuits et confidentiels »